Le Pilat, entre la Loire et la Haute Loire jusqu’au Puy-en-Velay

Je n’ai pas beaucoup écrit ces derniers temps, mais je prenais le temps un peu pour moi. J’ai beaucoup marché pendant mes journées et le soir en rentrant, je ne faisais que me reposer.

Comment expliquer, par où commencer…?


Départ de Chavanay, jusqu’à Bourg-Argental. Une bonne vingtaine de kilomètres. Le paysage magnifique m’a donné des derniers aperçus des Alpes, du Vercors et de la Chartreuse. Quelques kilomètres avant d’arriver à Saint Julien Molin Molette, nous prenons le temps avec Bonbon de faire un petit crochet à la Croix de Sainte-Blandine qui nous donne la possibilité d’observer la vallée du Rhône et les montagnes enneigées en arrière plan. J’ai pu dormir dans la camping municipal, en bas de Bourg-Argental.


Pour mon deuxième jour, je suis passé au dessus de la barre des mille mètres d’altitude pour passer le col du Travol. Un magnifique col qui fait la jonction entre la Loire et la Haute-Loire. Mon arrivée aux Sétoux, au couché du soleil, m’a permis de rencontrer l’agriculteur responsable d’un gîte qui m’en a ouvert l’entrée. Dormir au chaud et au sec est un grand luxe à ces altitudes. J’ai pu profiter du paysage et du couché de soleil magnifique. En arrivant sur les Sétoux, je me suis quand même demandé dans quoi je m’étais embarqué tellement le froid et le vent m’assaillais. Enfin, je me suis couché dans un immense dortoir, seul avec Bonbon, épuisé.


La troisième étape de cette traversée avait pour objectif Tence. Le paysage vallonné m’a fait passé plusieurs fois en forêt. Dans ce genre de lieux et d’ambiance on ne peut que s’imaginer des elfes rôdant autour des sapins noirs dans cette brume qui apparaît par intermittence. Couché sous tente je m’endorme rapidement à la fin de cette deuxième vingtaine de kilomètres à profiter pleinement du paysage et de l’odeur de la nature.


Saint Julien Chapteuil à la fin de ce quatrième jour. Journée la plus difficile. Cela fait trois jours que j’ai enchaîné plus de vingt kilomètres par jour de marche. Cette grande traversée entre montée et descente m’aura fait bien réfléchir. J’ai quand même pu traverser la centaine de kilomètres qui me séparait du Puy-en-Velay en 5 jours de temps. Je me suis perdu, j’ai marché dans le froid, la neige, le brouillard et la nuit. Je me suis remis en question sur mon projet. Rencontrer des habitués du chemin, je ne l’avais pas fait. Je comprends maintenant mieux tout ce qui est dit. Je ne suis pas un sportif de haut niveau. Je veux juste profiter et regarder les beaux paysages. Sauf que en hiver, Saint Jacques, c’est des nuances de gris. Il n’y a personne, rien est ouvert, il y fait froid, humide, seul… Peut être devrai-je revoir mon parcours et le faire en plusieurs fois…?


Cinquième jour, je me lève tard, j’ai moins de 17 kilomètres aujourd’hui. La neige est tombée au dessus de Saint Julien. La tente est trempée. L’ascenseur émotif du jour me prends de court! Quel galère de matériel, de pieds de fatigue. Mais je suis arrivé au Puy en Velay ! Après cette longue cavale, seul, dans le froid. Je crois que je vais revoir mon projet… patiemment.

9 réflexions sur “Le Pilat, entre la Loire et la Haute Loire jusqu’au Puy-en-Velay

  1. + 2 minutes d’ensoleillement par jour, soit 1/4 d’heure par semaine, 1 heure par mois… Bientôt la chaleur, la soif, les moustiques, les mouches et les taons… Tu regretteras alors tes premiers pas en Auvergne-Rhône-Alpes dans le froid et l’humidité… N’abuse toutefois pas de l’aligot, des fromages et des charcuteries sous prétexte de brûler des calories… Bonne continuation.

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  2. C’est exactement ça. J’ai le temps, rien ne me presse de le faire là, maintenant, tout de suite. Il ne faut pas être maso mais bien régler ses forces et faiblesses avec les forces naturelles auxquelles on y peut rien. Merci beaucoup pour votre soutien et ce long texte qui me remonte le moral.

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  3. Bonjour Pierre, les jours les plus durs: le 3 ème lorsque les ampoules, les douleurs musculaires, les crampes arrivent (il faut boire beaucoup d’eau, même s’il ne fait pas chaud – une gorgée toutes les heures mini) puis selon les personnes entre 12 et 15 jours (c’est ta situation ces jours -ci !) là soit le corps abandonne soit il se soumet au nouveau rythme qu’on lui impose. C’est à ce moment là aussi que le moral baisse …!
    Physiquement: en marchant à ton rythme, sans forcer ou suivre quelqu’un de plus rapide (risque de tendinite), « le plus dur est fait après 15-20 jours ». En cas de douleurs, je te conseille de marcher à « zéro douleurs » (voir article sur internet). Il s’agit de réduire considérablement son allure de marche jusqu’à ne plus avoir mal et de reprendre de la vitesse au fur et à mesure sans que la douleur ne revienne. Côté mental, c’est se redire ce que tu veux, pourquoi et de s’octroyer de pauses bénéfiques (après tout tu as le temps, pas la peine de se mettre de la pression).
    Côté météo, c’est certainement pas évident de marcher l’hiver en montagne. Jusqu’à Conques, ce ne sera pas facile. Au sud du Portugal et en Espagne non plus, avec les grandes chaleurs !
    Bon courage à toi, normalement à compter du Puy, tu devrais rencontrer quelques masos comme toi !
    Kénavo,
    Marie-Jo et Jean-Jacques (les bretons)

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  4. C’est sûr que tu t’es placé la barre très haut en commençant ton périple à cette époque de l’année! Alors si tu décides de réviser tes prévisions et de finalement repartir plus tard, à un moment où tu pourras rencontrer d’autres marcheurs, tu n’auras pas à rougir. Peu de gens auraient tenu deux semaines dans le froid comme tu l’as fait. C’est déjà un exploit!
    Toute notre amitié ét nos encouragements!

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  5. Heureuse de lire de tes nouvelles après 6 jours de silence.
    Quelle aventure ! Maintenant que tu es au Puy, tu vas peut-être rencontrer d’autres pèlerins… Mais si tu changes de programme, c’est tout aussi louable. Bisous. Clin d’œil à Bonbon.

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  6. Hello Pierre
    Bravo pour ces 15 premiers jours ! C’est déjà une belle prouesse en plein hiver.
    Je m’étais habitué à lire tes commentaires tous les jours, et puis plus de nouvelles pendant une semaine… tu t’en sors bien et tu trouves des endroits sympas pour dormir. Je suis un peu jaloux de ton aventure 😉 Courage pour la suite !

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